Mes albums de l’année 2016

C’est la fin d’une année particulièrement pourrie, à tous points de vue, à l’exception peut-être des sorties musicales, et en particulier en ce qui concerne les albums d’un style que j’affectionne particulièrement : le métal. Voici donc un récapitulatif totalement subjectif de l’année écoulée, avec les albums que j’ai le plus écouté en 2016. Peut-être arriverez-vous à découvrir quelques artistes injustement méconnus !

Killswitch Engage – Incarnate

Tu peux y aller coco, c’est d’la bonne !

Loin d’être un fan absolu du metalcore de ce groupe du Massachusetts, j’écoute tout de même toujours avec beaucoup de plaisir Killswitch Engage, et Incarnate ne fait pas exception à la règle. Cependant, sur les 15 morceaux de l’album, les premiers (Alone I Stand et Hate By Design) sont clairement mes préférés. J’écoute aussi les autres pistes, mais beaucoup moins, à l’exception peut-être de Reignite et Cut me loose.

Si ça vous tente, vous pouvez écouter l’album entier ici :

Cradle of Filth – Hammer of the Witches

En plus y’a des nana à poil avec des gros seins sur la pochette ! Que demander de plus ?

Pour moi qui ne suis pas spécialement versé dans l’extreme black metal of hell (les sacrifices de jeunes vierges pendant une messe noire en psalmodiant des odes à Satan, c’est pas mon trip, même si l’imagerie à base de pentagrammes et têtes de boucs me fait bien marrer), je dois avouer que je me suis pris une bonne petite claque avec le dernier Cradle of Filth. Après Dusk… And Her Embrace qui remonte à une vingtaine (!) d’années (c’est en écrivant ce genre de phrases que je me rends compte que je vieillis…), la bande à Dani Filth ne m’avait guère impressionné par sa production… jusqu’à Hammer of the Witches. On n’aime ou on n’aime pas la voix d’outre-tombe de Dani, mais il faut avouer qu’il est toujours aussi fort pour passer des graves aux aigus sans transition aucune. Et musicalement parlant… Hammer of the Witches est probablement le meilleur album du genre black metal symphonique, avec un titre (à rallonge) que j’affectionne particulièrement (en plus, ça parle d’écologie si j’ai bien compris) : Deflowering The Maidenhead, Displeasuring The Goddess. Riffs de dingues, changements de rythme hallucinants, mélodie super accrocheuse et paroles vraiment très sympas, les britanniques se sont déchaînés. Je citerai aussi le plus classique (pour du Cradle of Filth) Yours Immortaly, mais aussi Misericord, hélas qu’en bonus track. Une vraiment très bonne surprise que cet album.

Comme je suis sympa, voici de quoi vous faire votre opinion avec Deflowering The Maidenhead, Displeasuring The Goddess :

Megadeth – Dystopia

Tiens, ne serait-ce pas l’ami Vic Rattlehead ?

Un des « Big Four » du thrash metal de la Bay Area de San Francisco avec Metallica, Anthrax et Slayer (avec le cinquième injustement mis de côté, Testament), le groupe de Dave Mustaine poursuit son petit bonhomme de chemin, produisant plus d’albums que Metallica, avec une qualité assez variable toutefois. Même si je suis nostalgique de la grande époque de Rust In Peace, Countdown To Extinction et Youthanasia où Dave n’était pas encore un born-again christian (ce qui lui fait raconter à peu près autant de conneries que lorsqu’il était défoncé et bourré toute la journée), et qu’il était accompagné de Dave Ellefson (parti, puis revenu), Marty Friedman et Nick Menza, disparu cette année (quand je disais en introduction qu’elle est sacrément pourrie), Dystopia s’écoute plutôt bien, même je reste circonspect sur les paroles de Mustaine, comme depuis quelques années. L’arrivée de Kiko Loureiro, l’ex-guitariste du groupe brésilien Angra, fait tout de même un bien fou à Megadeth, avec sa technique impressionnante.

Dystopia n’est clairement pas l’album de l’année, mais un bon petit Megadeth à écouter dans les transports.

Allez, la petite vidéo qui va bien, en live ce coup-ci :

Lacuna Coil – Delirium

Tu es toute floue et mal fringuée Cristina, mais je t’aime quand même !

Excellente surprise offerte par les italiens de Lacuna Coil, un groupe que je suis depuis leurs débuts : Delirium. Je ne m’attendais à rien de particulier, mais dès le début de l’album… Wow ! Andrea Ferro a enfin appris à growler correctement ! Quant à Cristina Scabbia… ah ben j’en suis toujours autant amoureux, même si elle n’est pas à son avantage avec tout ce maquillage et qu’elle est plus vieille que moi !

A la première écoute, House of Shame m’a paru assez bizarre, et j’étais plutôt étonné du style, assez éloigné de ce que fait habituellement Lacuna Coil. Mais au fur et à mesure, j’ai découvert un album très très plaisant, avec quelques titres que j’apprécie particulièrement, comme Blood, Tears, Dust ou le plus classique (pour du Lacuna Coil) My Demons, dont je conseille l’écoute (et la lecture des paroles) à certaines…

Delirium est aussi très apprécié de mon fiston, qui le chante en version yaourt sous la douche, ce qui me fait bien rigoler mais me remplit aussi de fierté : je l’ai bien éduqué musicalement ! ^^

Dark Tranquillity – Atoma

Je cherche aussi le rapport entre l’illustration et le titre, mais l’important c’est le contenu de l’album.

Ah, Dark Tranquillity… fondateurs avec In Flames et At The Gates du fameux son de Göteborg (« The Gothenburg Sound »), même si je trouve cette expression totalement galvaudée. Reste que contrairement à leurs petits copains d’In Flames, Dark Tranquillity n’a pas opéré de virage aussi brusque dans leur style. Ainsi, on retrouvera avec plaisir des ambiances à la Haven dans ce nouvel album, et même si je suis allergique à tout ce qui est musique électronique, les arrangements sont tout simplement parfaits avec ce petit côté aérien très appréciable. Mikael Stanne alterne entre growl (qu’il maîtrise parfaitement) et chant clair (qui n’était pas particulièrement son fort, mais avec Atoma je me dois de réviser mon jugement), et même certains titres, certes très éloigné du melodic death metal qu’ils ont co-inventé, sont intégralement chantés, pas growlés : et chose étonnante, ça m’a beaucoup plu.

Si je ne devais retenir que quelques titres qui pour moi sortent du lot, je citerai Atoma, The Pitiless, Merciless Fate, Caves And Embers ou les très étonnantes (pour du DT, j’entends) bonus tracks The Absolute et Time Out Of Place, qui n’ont mais alors strictement aucun rapport avec du melodeath ! Et pourtant, je les aime beaucoup ! Certains ont trouvé cet album mou du genou et décevant, mais personnellement je ne suis totalement en désaccord avec ces tristes sires : Atoma est un pépite qui demande juste un peu de concentration pour pleinement s’apprécier. Après tout, on ne déguste pas un vin millésimé en pogotant : il faut des conditions particulières, du calme, un certain confort et une température adaptée…

Allez zou, écoutez-moi ça, voilà l’album entier :

In Flames – Battles

Cet album est-il prise de tête ? Non !

Je suis fan d’In Flames depuis la première heure, et par un heureux hasard, nous avons le même âge ses membres (d’origine) et moi, et quelqu’un chose d’invisible nous lie (surtout que je suis l’heureux possesseur d’un médiator dont s’est servi en concert l’ex-guitariste du groupe Jesper Strömblad, qu’il m’a donné de la main à la main, pas jeté !)… Mais je dois avouer que, même si j’écoutais leurs albums malgré le virage impressionnant qu’ils ont pris à fond la caisse avec Reroute To Remain (et qui aurait pu leur être fatal… mais non, au contraire, ils ont accédé au rang de stars du metal), les chouineries incessantes d’Anders Frìden avaient commencé à me lasser, et après Siren Charms, je m’attendais au pire… Surtout après les départs successifs de Jesper Strömblad (évincé du groupe en raison de ses problèmes d’alcool… quel dommage, ce garçon a tellement de talent), puis de Daniel Svensson le batteur (remplacé désormais par Joe Rickard, un américain), puis celui de Peter Iwers le bassiste (et accessoirement frère d’Anders, nouveau bassiste de… Dark Tranquillity !) après la sortie de Battles

Et puis les vidéos sorties en avant-première de l’album… Tout d’abord The End, qui est certes de bonne facture mais à l’écoute de laquelle je ne sortais pas transcendé, surtout avec des chants d’enfants dedans… puis The Truth, qui était encore pire (et est pour moi la pire chanson de l’album) et m’a fait m’écrier « mais qu’est-ce que c’est que cette daube ?! ». Puis Battles est enfin sorti, une semaine après Atoma de Dark Tranquillity.

Je me dois donc de faire mon mea culpa, mon autocritique, ce que vous voudrez. J’adore Battles. Ils ont eu la bonne idée de sortir en avant-première les moins bonnes chansons, ce qui fait que le reste de Battles n’en est que meilleur !

J’ai lu quelque part une critique affirmant avec autorité qu’In Flames revenait enfin au melodeath de leurs débuts, et je n’ai jamais autant rigolé tellement c’est faux. Mais même si le style a encore évolué (on ne peut pas le leur reprocher, ça change de groupes comme AC/DC qui font toujours la même chose depuis 40 ans, après tout), la surprise a été très bonne. Même si je ne suis pas fan de tout l’album, je me suis surpris à l’écouter avec beaucoup de plaisir, déjà parce qu’Anders chouine beaucoup moins, et a même écrit une chanson pour son jeune fils que je trouve touchante : Here Until Forever. Si ma préférée est probablement la plus insolite de l’album, Wallflower, il y a d’autres très bon titres : Battles, Save Me, Underneath My Skin ou les bonus tracks Greatest Greed et Us Against The World.

In Flames est-il devenu un groupe commercial ? Assurément, avec ses mélodies accrocheuses et refrains qu’on chantonne facilement. A-t-il perdu son âme ? Par rapport à ses débuts, c’est une certitude. Mais il s’en est créé une autre qui, après une période de doute et de mûre réflexion, n’est vraiment pas mal.

Metallica – Hardwired… To Self-Destruct

Quand tu as pris un graphiste débutant sous Photoshop et défoncé au LSD pour ta pochette d’album, histoire de faire quelques économies parce que t’as plus d’sous…

Metallica… LE groupe de thrash de mon enfance. Enfin du début de mon adolescence plutôt, vous savez, ce moment où on est plus que fan, mais carrément groupie : on écoute en boucle, on porte les tshirts du groupe, on met des posters dans sa chambre… Metallica a été tout cela pour moi. Mais passage à l’âge adulte ou je ne sais quoi, quoiqu’il en soit 2003 a été une année horrible, avec la sortie de St. Anger. Ton groupe fétiche te fait poireauter pendant des années et te sort une bouse innommable ! Puis te refait poireauter 5 ans de plus et te sort un disque vraiment pas terrible, Death Magnetic. Et encore 8 ans de plus avant de sortir un nouvel album : Hardwired… To Self-Destruct. Du coup, je n’attendais rien de celui-ci. Et c’est probablement une bonne chose.

Comme In Flames, Metalllica a sorti deux titres en avant-première, dont Hardwired. Et là je me suis dit, « hey, c’est plutôt pas mal ce coup-ci ! ». Pas transcendant, mais au moins bien meilleur que St.Anger (c’était pas dur) et Death Magnetic. Donc finalement j’ai attendu la sortie de l’album avec impatience pour en découvrir plus…

Et malheureusement, Metallica est nul en marketing (et ce depuis l’affaire Napster). Si In Flames a eu la bonne idée de sortir les moins bonnes chansons de l’album pour que celui-ci soit une bonne surprise, Metallica a fait exactement l’inverse… et résultat Hardwired… To Self-Destruct est décevant.

Non, ce n’est pas un mauvais album en soi, mais honnêtement, ce que j’ai préféré ce sont les reprises live de certains de leurs classiques du disque bonus (Helpless, Hit The Lights, The Four Horsemen, Ride The Lightning, Fade To Black ou encore Creeping Death…). Esprit de Cliff Burton es-tu là ? Ben pas dans Hardwired… To Self-Destruct en tous cas.

Bref, mon sentiment sur ce nouveau Metallica c’est au mieux bof, pas mal… mais aurait largement pu mieux faire. Même s’il reste un album très écoutable par rapport aux deux précédents.

Pour la peine, je vous mets une vieille vidéo VHS dégueulasse de 1985, c’est bien mieux.

Heaven Shall Burn – Wanderer

Tout n’est que luxe, calme et volupté… ou pas !

J’ai gardé le meilleur (à mon avis) pour la fin. Le précédent album du quintet gaucho-vegan (est-)allemand, Veto, était déjà un bijou (et pas seulement parce qu’il y a Lady Godiva nue sur la pochette) : et bien Wanderer est encore mieux ! Capable du plus bourrin (Bring The War Home, Prey To God…) comme du plus mélodieux (le riff d’intro de Passage Of The Crane, My Heart Is My Compass), en passant par des mélodies bien accrochantes (My River Of Crimson), Heaven Shall Burn a su garder son style brut de décoffrage des débuts tout en progressant au fil du temps dans la technique et les mélodies, avec des guitares harmonisées du plus bel effet et des solos vraiment très chouettes ! Sans oublier les paroles d’un groupe engagé dans un certain nombre de causes qui me parlent (mis à part le côté végan, mais au moins ils ne font pas dans le prosélytisme pénible).

Bref, Wanderer est mon album de l’année, sans conteste. Le seul bémol que je trouve à cette oeuvre est le disque bonus, constitué de l’ensemble des reprises qu’ils ont faites, tout simplement parce que je les avais déjà toutes !

Pour la vidéo, je n’ai hélas trouvé qu’une lyric-video, en ces temps de coupes budgétaires chez les maisons de disques qui n’ont plus les moyens de tourner des clips visiblement (à part pour les daubes débilitantes qui passent sans cesse à la radio ou à la télé…). Bring The War Home, où l’histoire d’un soldat américain rentré chez lui après l’Irak (ou l’Afghanistan, allez savoir…)…

Top 5

Si je devais faire un top 5 parmi les albums que je vous ai présenté, voici ce que cela donnerait :

  1. Heaven Shall Burn – Wanderer
  2. In Flames – Battles
  3. Dark Tranquillity – Atoma
  4. Cradle Of Filth – Hammer Of The Witches
  5. Lacuna Coil – Delirium

Le voyage musical n’est pas terminé, car il vous reste à écouter (et réécouter) ce que je viens de vous faire découvrir (ou non), en espérant que vous y trouviez autant de plaisir que moi. D’ici là, portez-vous bien et tchüss !

 

 

 

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