La généalogie pour les nuls (comme moi)

Aujourd’hui, nous n’allons pas parler d’informatique (quoique…) mais de généalogie. La généalogie c’est facile (au début), c’est pas cher (enfin pas trop), et ça ne rapporte rien (sauf aux professionnels) mais c’est bien quand même…

#JeudiConfession

Bon j’écris cet article un vendredi mais ce titre fera l’affaire. Sachez brave gens que la généalogie ne m’a pas toujours attiré. J’avais aussi cette image d’Epinal en tête : la généalogie c’est un truc de vieux tout rabougris penchés sur un antique grimoire poussiéreux et mal éclairé, et donc ça ne m’intéressait pas. Et puis j’ai eu un fils, et une révélation : bon, certes, je connais un peu ma famille, les parents, grands-parents, oncle, tantes et cousins, mais.. ben c’est tout. D’où viens-je, qui suis-je, dans quel état j’erre, où vais-je, quelle heure est-il, qu’est-ce qu’on mange, bref tout plein de questions métaphysiques sont apparues. Et que répondre à fiston cet inévitable jour où il me poserait la question de ses origines ? A part « ta mère », je ne voyais pas trop. Je décidai donc de m’atteler à lui créer un arbre généalogique digne de ce nom, et donc m’éviter ainsi d’avoir à trouver une réponse hasardeuse et déplacée. En résumé, c’est ma flemme proverbiale qui encore une fois me donna un boulot monstre.

Évidemment, pas question pour moi de travailler sur un bout de papier, je suis tombé dans l’informatique étant petit, servons-nous de ce merveilleux outil, me dis-je.

Le matos

– un ordinateur
– une connexion internet pas trop pourrave (on peut faire de la généalogie avec un modem 56k mais franchement, vous allez être déçu)
– un téléphone
– quelques feuilles de papier
– un stylo
– du café (et de la bière et des clopes si vous êtes amateur)
– en option : une voiture, un abonnement SNCF (je me contente de mon passe Navigo)

Quoi, pas de logiciel ?

Si, et j’utilise un, mais techniquement on peut s’en passer. Mais je vous le recommande chaudement. Personnellement, j’utilise Heredis, vous pouvez télécharger la version de démo qui est limitée à 50 individus, ça vous laissera le temps de voir si ça vous plaît, surtout que ça existe pour Windows et OS X. Vous pouvez également faire votre généalogie sur des sites web spécialisés comme Généanet, mais sachez que vos informations seront visibles en ligne, que TOUS les sites de ce genre utilisent vos données d’une manière ou d’une autre pour gagner des sous, donc à vous de décider. Vous pouvez vous passer du compte premium la plupart du temps, les recherches sont juste plus fastidieuses. Reste la solution de la base de données genre Access etc, ça marche aussi, mais rien que pour le formulaire vous allez galérer… Donc franchement, tant pis, investissez quelques brouzoufs dans un logiciel digne de ce nom  (après l’avoir évalué, comme toujours), vous me remercierez.

Internet, ce repère de pédonazis mais aussi de généalogistes

Outre le fait d’avoir encore plus facilité l’accès au pr0n que les cassettes VHS et le Minitel réunis, Internet va grandement vous faciliter la vie pour vos recherches. Jusqu’à un certain stade, nul besoin de choper des maladies en farfouillant dans de vieux registres à moitié bouffés par les rats ou de générer des milliards de tonnes de CO² en voiture, non, vous allez pouvoir faire de la généalogie sans bouger votre gros cul de chez vous. La seule règle d’or : au minimum, une connexion ADSL.

Je m’explique : la plupart des archives en ligne sont en réalités des images JPEG de plusieurs Mo situées sur des serveurs anémiques (du moins dans certains départements), et donc met parfois un peu de temps à se télécharger. Pour une image, ce n’est pas si long en soi, mais quand vous devez en lire plusieurs centaines le même jour, c’est un tantinet pénible d’attendre deux heures à chaque fois. Donc oubliez si vous êtes au fin fond de la pampa corse, vous allez devenir fou.

Au delà des archives, Internet s’avère très pratique aussi pour trouver de nouvelles pistes sur un ancêtre, voire toute une branche, car sachez-le, vous n’êtes pas seul. Il y a plein de généalogistes amateurs qui partagent le résultat de leurs recherches, contrairement à la plupart des associations qui vivent en cercle fermé. Pour débuter, nul besoin de dépenser la somme (modique, avouons-le) d’une adhésion à ces assos, à moins de vouloir faire des rencontres (et que les vieux tout rabougris, c’est votre truc. Je ne critique pas).

Un téléphone, du papier et un stylo

Pour commencer, le plus simple, et bien, c’est de commencer… par vous. Avec un peu de chance, vous n’êtes pas issu de la DDASS, et vous connaissez vos parents, vos grand-parents, etc. Commencez donc à noter (au stylo et sur papier) sommairement tout ce que vous savez : nom et prénoms évidemment, mais aussi date et lieu de naissance, de mariage, de décès. C’est la base. Et c’est comme ça que vous allez pouvoir remonter le temps (rien de moins). Si vous ne savez pas, commencez par votre livret de famille, si vous en avez un. Il y a plein de renseignements intéressants. Et puis, vient le temps d’utiliser votre téléphone : c’est l’occasion de prendre des nouvelles surtout en cette période de canicule, mais aussi de collecter PLEIN d’informations. Je me suis rendu compte un peu tard que j’avais plein de questions à poser à mes grand-parents…

Au début, notez les informations de vos proches plus ou moins en vrac, telles que les personnes se les rappellent. Vous n’en êtes pas à faire la monographie familiale, donc inutile de faire de belles phrases.
Utilisez des abréviations. La généalogie en utilise des tonnes, mais voici les principales :

– ° : naissance
– † : mort (vous pouvez écrire un + au clavier, sinon c’est Alt+0134 sous Windows)
– x : mariage
– ca 1900 : circa 1900, c’est-à-dire « environ 1900 »
– /1900 : avant 1900
– 1900/ : après 1900
– ~1900 : environ 1900

† ca 1924 veut donc dire « décédé en 1924 environ » (donc ça peut être 1923, 1924 ou 1925, enfin dans ces eaux-là quoi).

Une fois que vous avez noté un maximum de renseignements sur papa, maman, papi, mamie, pépé, mémé, les frères, les sœurs, les tontons, les tatas, les cousins et la même chose pour votre conjoint, c’est déjà pas mal, c’est une sacrée bonne base. Vous pouvez d’ores et déjà faire une première version de votre arbre :

Oui bon vous mettrez les vrais noms, hein

Curieusement, et n’en déplaise aux identitaires moisis de tous poils, la généalogie est assez paradoxale : vous cherchez vos racines, mais en fait la racine, c’est vous ! Et les branches, vos ancêtres (que vous pourrez saluer d’un tonitruant « Salut, vieille branche ! » sans les offusquer, à fortiori s’ils sont morts et enterrés). On parle aussi d’ascendance (vous -> papa -> papi) et de descendance (papi -> papa -> vous -> fiston). Ça fait très Godefroy de Montmirail et Jacquouille la Fripouille, mais c’est comme ça. Et peut-être trouverez-vous que l’un ou l’autre fait partie de vos ancêtres (enfin je parie plus sur Jacquouille, hein) !

La suite au prochain épisode

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, la prochaine fois on se lance vraiment dans le vif du sujet. Et même s’il est possible que vous descendiez de Charlemagne, vous verrez que c’est extrêmement peu probable d’une part, et que vous n’avez qu’une chance infime de le prouver d’autre part !

Montre ton amour pour Dédé en partageant cet article !

Laisser un commentaire